À partir de janvier 2027, l'assurance-emploi ne versera jamais plus de 749 $ par semaine. C'est le plafond, tous dossiers confondus. Mais ces 749 $ sont un montant brut : l'impôt est prélevé dessus avant que l'argent n'arrive dans votre compte. Voici ce qu'il en reste réellement, et pourquoi l'écart entre le brut et le net est plus petit que sur une paie ordinaire.

D'où vient le plafond de 749 $

L'assurance-emploi ne remplace pas tout votre salaire. Elle en remplace une part : 55 % de votre rémunération hebdomadaire assurable moyenne, c'est-à-dire la moyenne de vos meilleures semaines de paie avant la perte d'emploi.

Ces 55 % ne s'appliquent pas à n'importe quel salaire. Il existe une limite au revenu annuel pris en compte, appelée le maximum de la rémunération assurable (MRA) : au-delà, le salaire ne compte plus dans le calcul. Pour 2027, le MRA se chiffre à 70 800 $, contre 68 900 $ en 2026.

Le plafond hebdomadaire découle directement de ces deux chiffres : 70 800 $ × 55 % ÷ 52 semaines, soit environ 749 $. C'est exactement ce qu'annonce le rapport actuariel de 2027 : « Le taux maximal de prestations hebdomadaires pour 2027 est de 749 $ », contre 729 $ l'année précédente.

Paramètre 2026 2027
Maximum de la rémunération assurable 68 900 $ 70 800 $
Prestation maximale, par semaine 729 $ 749 $

Attention au mot « maximale » : c'est un plafond, pas un montant courant. Vous ne l'atteignez que si votre salaire d'avant dépassait 70 800 $ par année. En dessous, votre prestation vaut 55 % de votre propre moyenne, et elle est donc plus basse.

Une prestation d'assurance-emploi est un revenu imposable

Aux yeux du fisc, rien ne distingue une prestation d'un salaire : c'est un revenu, et il est imposé. La page officielle le dit sans détour — « les paiements de l'assurance-emploi sont des revenus imposables » — et elle précise que « l'impôt fédéral et l'impôt provincial ou territorial, si applicable, sont déduits de vos paiements ».

L'impôt ne vous attend donc pas au printemps : une part est retirée au fur et à mesure, sur chaque versement.

Ce qui n'est pas retenu, et qui change tout

Sur une paie ordinaire au Québec, cinq prélèvements se succèdent : l'impôt fédéral, l'impôt du Québec, la cotisation au Régime de rentes du Québec (RRQ), la cotisation à l'assurance-emploi et celle au Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).

Sur une prestation d'assurance-emploi, il n'en reste que deux : les deux impôts. Les trois cotisations sociales ne s'appliquent pas.

La logique est simple. Ces cotisations sont attachées au travail, pas au revenu en général. Le RRQ, par exemple, vise les personnes qui travaillent au Québec et dont les revenus dépassent 3 500 $ par année. Le guide de retenues à la source de l'Agence du revenu du Canada pour le Québec énonce la même idée du côté fédéral : « certains genres de revenus, par exemple les revenus de pension, ne sont pas assujettis aux cotisations au RRQ ou à l'AE ».

Il y a une petite ironie là-dedans : vous cotisez à l'assurance-emploi tant que vous travaillez — c'est le sujet de notre article sur la cotisation d'assurance-emploi de 2027 — mais vous ne cotisez plus dès que vous en touchez les prestations.

Conséquence concrète : à montant brut égal, l'écart entre le brut et le net est plus petit sur une prestation que sur un salaire. Pour voir la différence, comparez avec ce que laisse un salaire du même montant dans le calculateur de salaire net du Québec, qui, lui, retient bien les trois cotisations.

Combien reste-t-il sur 749 $ par semaine

Prenons le cas plafond : quelqu'un qui touche 749 $ par semaine pendant la durée maximale. Les prestations régulières se versent de 14 à 45 semaines selon le dossier. À 45 semaines, cela fait 33 705 $ bruts sur l'année.

Une précision avant les chiffres. Les paramètres fiscaux de 2027 ne sont pas encore publiés : l'Agence du revenu du Canada en est au barème de 2026. Le calcul ci-dessous utilise donc les paramètres de 2026, les derniers connus. L'indexation annuelle les déplacera un peu — de l'ordre d'une centaine de dollars d'impôt en moins sur l'année, pas davantage.

À ce niveau de revenu, on reste dans la première tranche d'imposition des deux côtés. Au fédéral, elle va jusqu'à 58 523 $ et son taux est de 14 %. Au Québec, elle s'arrête à 54 345 $, avec un taux de 14 % lui aussi.

S'ajoute une particularité québécoise : l'abattement. L'impôt fédéral des résidents du Québec est réduit de 16,5 % — une ristourne qui existe parce que le Québec administre lui-même certains programmes financés ailleurs par Ottawa.

Sur 45 semaines à 749 $ Montant
Prestations brutes 33 705 $
Impôt fédéral, après abattement 2 017 $
Impôt du Québec 2 065 $
Impôt total 4 082 $
Net 29 623 $
Net par semaine 658 $

Si l'assurance-emploi est votre seul revenu de l'année

Il existe un cas où l'impôt tombe à zéro. Chaque contribuable a droit à un montant personnel de base : une première tranche de revenu sur laquelle on ne paie aucun impôt. Pour 2026, elle est de 16 452 $ au fédéral et de 18 952 $ au Québec.

À 749 $ par semaine, il faut une vingtaine de semaines de prestations pour franchir le plus bas de ces deux montants. Donc si l'assurance-emploi a été votre unique revenu de l'année et que vous l'avez touchée pendant une vingtaine de semaines ou moins, l'impôt dû sur ces prestations est nul. L'impôt éventuellement retenu sur vos versements vous revient alors en remboursement, une fois vos déclarations produites.

L'impôt retenu à la source n'est pas l'impôt final

C'est le point qui surprend le plus de monde. L'impôt retiré d'un versement est calculé sur ce versement-là. Votre impôt réel, lui, se calcule sur le total de vos revenus de l'année, prestations et salaires confondus.

Les deux coïncident rarement. Deux cas reviennent souvent :

  • Vous avez travaillé une partie de l'année avant la perte d'emploi. Le salaire déjà gagné s'additionne aux prestations. Le total peut franchir la première tranche d'imposition, et une partie de vos prestations se retrouve alors imposée plus cher que ce qui a servi à la retenue. Résultat : un solde à payer au printemps.
  • L'assurance-emploi a été votre seul revenu, sur peu de semaines. C'est l'inverse : trop d'impôt a été retenu, et vous êtes remboursé.

Au niveau de revenu de notre exemple, chaque dollar de plus est imposé à environ 25,7 %. C'est ce qu'on appelle le taux marginal : le taux qui frappe le prochain dollar gagné, et non la moyenne de tous les dollars de l'année. Un revenu d'appoint pendant une période de chômage coûte donc un peu plus cher en impôt qu'on ne le croit — et il réduit la prestation elle-même, ce que détaille notre article sur les gains permis pendant l'assurance-emploi.

Questions fréquentes

La prestation maximale d'assurance-emploi est-elle vraiment de 749 $ par semaine en 2027 ?

Oui. Le sommaire du rapport actuariel de 2027 sur le taux de cotisation d'assurance-emploi indique que le taux maximal de prestations hebdomadaires pour 2027 est de 749 $, contre 729 $ en 2026. Ce montant découle du maximum de la rémunération assurable, fixé à 70 800 $ pour 2027 : 55 % de ce plafond, divisés par 52 semaines, donnent environ 749 $. C'est un maximum, pas un montant courant : on ne l'atteint que si le salaire d'avant dépassait 70 800 $ par année.

L'assurance-emploi est-elle imposable au Québec ?

Oui. Les paiements de l'assurance-emploi sont des revenus imposables, au même titre qu'un salaire. L'impôt fédéral et l'impôt provincial sont déduits des versements au fur et à mesure. Il faut aussi déclarer ces prestations dans la déclaration de revenus fédérale et dans celle du Québec, et le montant d'impôt finalement dû dépend de l'ensemble des revenus de l'année, pas seulement des prestations.

Paie-t-on le RRQ, l'assurance-emploi et le RQAP sur une prestation d'assurance-emploi ?

Non. Ces trois cotisations sont attachées au travail, pas au revenu en général : elles sont prélevées sur un salaire, pas sur une prestation d'assurance-emploi. Sur une prestation, seuls l'impôt fédéral et l'impôt du Québec sont retenus. C'est pourquoi l'écart entre le montant brut et le montant net est plus petit sur une prestation que sur une paie du même montant.

Combien reste-t-il net sur une prestation maximale de 749 $ par semaine ?

Environ 658 $ par semaine. Sur la durée maximale de 45 semaines, 749 $ par semaine représentent 33 705 $ bruts. Avec les paramètres fiscaux de 2026, les derniers publiés, l'impôt fédéral après abattement s'élève à près de 2 017 $ et l'impôt du Québec à près de 2 065 $, soit 4 082 $ au total. Il reste donc environ 29 623 $ nets sur l'année, soit un taux d'imposition moyen d'un peu plus de 12 %. Ce calcul suppose que l'assurance-emploi est le seul revenu de l'année.

Pourquoi puis-je devoir de l'impôt au printemps alors qu'il a déjà été retenu sur mes prestations ?

Parce que l'impôt retenu sur un versement est calculé sur ce versement-là, alors que l'impôt réel se calcule sur le total des revenus de l'année. Si vous avez travaillé avant la perte d'emploi, le salaire déjà gagné s'additionne aux prestations : le total peut franchir une tranche d'imposition plus élevée, et la retenue se révèle insuffisante. À l'inverse, si l'assurance-emploi a été votre seul revenu sur peu de semaines, la retenue est trop forte et vous êtes remboursé.

Calculez votre salaire